Bilkiss Rahim-Khan

Médecin de PMI depuis 2013
Travail au département de la réunion depuis 1988

Mettre en place des actions de prévention et de promotion de la santé pour les bébés et les enfants jusqu’à 6 ans, c’est l’une des missions du Service de Protection Maternelle et Infantile (PMI) du Conseil Départemental. Des missions qui ont trouvé encore plus d’écho avec l’épidémie de Coronavirus que La Réunion a traversé. « Le confinement a débuté le 17 mars à partir de cette date, mes collègues et moi, avons été en permanence sollicités. Je me suis occupée des cinq PMI de Saint Denis- Sainte Clotilde. Un numéro d’urgence m’avait été attribué car il était essentiel que ce soit un médecin qui puisse répondre aux questions parfois urgentes des familles. J’ai ainsi traité plus de 600 appels. Il s’agissait de poursuivre le suivi médical des nourrissons que nous recevions régulièrement en consultation. C’était très compliqué car le bébé ou le jeune enfant n’était pas devant nous. Les téléconsultations ont permis de rassurer les familles et de voir si les bébés étaient en bonne santé. » J’ai assuré plus d’une centaine de téléconsultations car beaucoup de parents ne voulaient pas s’adresser à leur médecin de famille ou se rendre à l’hôpital à cause de la Covid 19. 

“Toute mon équipe a répondu présent” 

« Mes collègues ont été formidables. Alors que le contexte était totalement inédit, on a rapidement trouvé une méthode de travail qui nous a permis de ne pas rompre le lien social. Je suis venue plusieurs fois par semaine au bureau pour pouvoir accéder aux dossiers de mes petits patients de manière à avoir un maximum d’informations. Ensuite, on a pu reprendre progressivement les consultations début avril. Nous recevions avec mes collègues sages-femmes ou puéricultrices, les femmes enceintes et les nourrissons une fois par semaine. L’organisation qui a été mise en place par notre médecin coordonnateur qui est aussi responsable du service PMI a été remarquable. » Téléconsultations, appels téléphoniques, orientation vers d’autres services, mails, réunions en visioconférence chaque semaine, la charge de travail a bien évidemment augmenté par rapport à une période normale. « Nous avons beaucoup travaillé et tout le personnel de la PMI s’est porté volontaire. Tous mes collègues, mais aussi tous les agents dans les autres centres PMI du Département, se sont mobilisés car il était essentiel d’être aux côtés des familles qui avaient besoin de nous. »