DON’T KILL THE PRINCESS by Moss

The Edit Moss | Substack | Edito Octobre 2026

À mes mums copines. Celles qui ont appris qu’on peut perdre sa liberté, ses lunettes et parfois sa patience… mais jamais complètement sa couronne.

Nous avons un, deux, trois, quatre enfants. Nous conduisons avec un GPS, trois listes mentales et une conversation existentielle d’adolescent en fond sonore sur l’amour, l’amitié et la difficulté d’être soi-même à quinze ans.

Nous savons où sont les passeports, les baskets, les chargeurs, les anniversaires. Nous retrouvons tout. Nos propres lunettes ? Sur notre tête. Hello les miennes.

La maternité est une histoire d’amour immense.
Elle nous transforme, nous bouleverse, nous épuise parfois.

Et puis, entre le linge, les rendez-vous et les « Maman, tu peux venir ? », une petite voix revient : Et moi, dans tout ça ?

Pas celle qui attend son prince charmant.
Celle qui existait avant les listes, les cases à cocher et les calendriers trop bien remplis.

Celle qui achetait une robe parce qu’elle était belle. Qui s’arrêtait pour une fleur, une chanson, une vieille porte. Celle qui disait oui au détour, au hasard, aux soirées qui s’étirent et aux nuits dont on oublie l’heure.

Cette femme-là n’a pas disparu. Elle a juste appris à partager la lumière.

Oui, j’aime les fleurs fraîches, les jolies tables, les bougies Diptyque, une veste vintage, une assiette ancienne trouvée au hasard d’un marché. Est-ce superficiel ? Peut-être. Si c’est le cas, je plaide coupable. La beauté n’est pas une fuite. C’est une manière de rester éveillée au monde.

Et nos enfants regardent. Comment nous parlons de nous-mêmes. Comment nous vieillissons, aimons, traversons les mauvais jours. Comment nous continuons à rire.

Avec une teenager, l’exercice est parfois… sportif.

« Maman, j’adore ta veste. »

Le lendemain :

« Maman… vraiment ? »

Merci, ma chérie, pour cette météo intérieure très stable.

Derrière les yeux levés au ciel, ils observent une chose essentielle : est-ce que maman continue à être une femme, en dehors d’être leur maman ?

J’espère que oui. Qu’elle voyage, danse dans sa cuisine, parte avec sa BFF, lise, tombe amoureuse de nouvelles idées, porte du rouge à lèvres un mardi matin et change encore d’avis à quarante-cinq ans.

Alors, mes mums copines, gardons notre couronne.
Pas celle que l’on voit… disparaître.

Pas celle que l’on voit. Celle que l’on ressent : faite d’amitiés, de liberté, de curiosité, de quelques rides de rire et de cette étincelle sauvage qui refuse obstinément de disparaître.